Points Noirs

Une réédition de la recherche “Points Noirs - Anomalies récurrentes de propreté”, portée par l'architecte Milena Charbit, l'agence d'architecture 127af et les services propreté de la Ville de Paris, est à paraître à l'automne 2026. Ce projet permet de recenser et classer 1412 « points noirs », des micro-espaces publics saturés d’encombrants, répartis sur l’ensemble des arrondissements de Paris. La Mairie de Paris a annoncé vouloir s'appuyer sur cette étude pour identifier et transformer ces délaissés urbains.

Milena Charbit

127af

03/08/2026
15 min

POINT NOIR : ANOMALIE RÉCURRENTE DE PROPRETÉ

Le point noir, terme à la connotation péjorative, fait référence à un point sombre ou malpropre, dont la saleté est tellement incrustée qu’il est difficile de la nettoyer. Les éboueurs les appellent également les « point de dépôts », les « adresses d’objets abandonnées », les « anomalies récurrentes de propreté », les « points de passages obligatoires », les « points noirs d’objets encombrants », les « points noirs de propreté », les « points singuliers », les « points de malpropreté », ou encore la « black-list ».
Afin d’observer ces lieux où la souillure revient inlassablement, il suffit de se promener virtuellement sur Google street view en modifiant la date de prise de vue : l’objet encombrant reste quasi-systématiquement présent à l’endroit indiqué. Ces anomalies récurrentes constituent les encombrants, autant que les recoins dans lesquels ils s’insèrent. La cartographie de ces points noirs révèle une constellation de micro-parcelles, de chutes ou de miettes de foncier, tout ce que la ville n’a absorbé ni dans l’architecture de ses bâtiments, ni dans le dessin de son espace public.

MÉTHODOLOGIE

Notre méthode de travail, qui emprunte ses outils au géographe et à l’anthropologue, s’appuie sur les cartes des points noirs dessinées par les services de la propreté de la Ville de Paris – diffusées dans les plans de propreté réalisés à l’occasion de chaque mandature – et sur une enquête de terrain auprès de la direction de la propreté et de l’eau (DPE). Plus de 40 de ses agents – TSO (techniciens supérieurs opérationnels), chefs de secteur, agents de maîtrise, ingénieurs de la Ville de Paris, nous ont accompagnés dans cette étude. L’idée générale consiste à superposer ces cartes, abstraites, parsemées de cercles rouges, de carrés bleus et de pointillés, avec les témoignages de ceux qui parcourent chaque jour ces lieux. Les échanges et entretiens, division par division, arrondissement par arrondissement, selon un processus systématique de recensement lié à la pratique de ces espaces, ont permis de cerner ce que sont les points noirs. La création d’une base de données sous la forme d’un tableau à plusieurs entrées – comprenant entre autres l’adresse exacte du point noir, ses coordonnées géographiques, sa superficie, sa typologie, le nom de l’agent interrogé et son témoignage – a permis de systématiser les données recueillies.

TYPOLOGIES

Un point noir n’a pas de forme précise sur les cartes des éboueurs qui servent seulement à repérer ces endroits recevant tous les jours, ou presque, des objets, ou dépôts clandestins. Sur ces cartes, il peut s’agir tantôt d’un lieu indiqué par un point sur le plan, tantôt d’une zone, d’une rue entière indiquée par une ligne.Après une cartographie minutieuse les symboles des cartes des éboueurs deviennent des surfaces et des volumes précis : espaces résiduels de quelques mètres créés par les retraits d’alignements entre deux maisons ou immeubles, petites parcelles de terrain vague, angles de rues très larges ou délimités par des potelets, espaces indéterminés entre la rue et la Seine ou les canaux, sous face du métro aérien, larges trottoirs des boulevards ou avenues, espaces sous porte-à-faux. Afin de pouvoir analyser les 1 412 points noirs repérés, nous les avons relevés précisément, mesurés, répertoriés et classés en huit catégories suivant leur morphologie urbaine. Souvent, les points noirs appartiennent à plusieurs de ces catégories.
01.   CREUX     422 / 30 %

Typologie la plus répandue sur le territoire parisien, elle regroupe les points noirs formés dans les renfoncements urbains, qu’il s’agisse de redans dans la façade d’un immeuble ou bien du retrait d’alignement d’un ou plusieurs bâtiments par rapport au front bâti de la rue. Répartie de façon assez homogène, on retrouve cette typologie tant dans les quartiers du Paris ancien aux retraits d’alignement. Constituant 30 % des points noirs à Paris, cette typologie, largement majoritaire, possède dans la plupart des cas un potentiel d’évolution.
02.  MUR AVEUGLE  132 / 9 %

Ces points noirs se situent le long des murs sans porte ni fenêtre. Il peut s’agir d’un mur d’enceinte, d’une façade murée depuis quelque temps, d’un pignon aveugle créé par l’ouverture d’une rue, ou bien encore d’un rez-de-chaussée d’immeuble dont on a décidé qu’il ne dialoguerait pas avec la ville.
03.  GRILLE  146 / 10 %

La grille, dispositif omniprésent dans la ville, matérialise la limite de parcellaire. Généralement métallique, elle est un élément parfait pour y adosser les objets encombrants. Qu’il s’agisse de grilles délimitant la parcelle de grands ensembles modernes, de celles qui ferment l’entrée d’ensembles d’HBM ou de celles qui contrôlent l’accès d’une résidence privée du 16e arrondissement, nombreuses sont support d’encombrants.
04.  DISPOSITIF URBAIN  337 / 24 %

Le mobilier ainsi que toute une série d’autres objets et dispositifs occupent l’espace public. Les trottoirs – lorsqu’ils sont larges et qu’ils ne sont pas associés à des commerces –, les troncs d’arbres, les lampadaires, les colonnes à verre, les tours à vêtements, les boîtiers électriques ou les poubelles deviennent des "aimants" à encombrants. Ces éléments possèdent une force centralisatrice.
05.  INFRASTRUCTURE  50 / 4 %

Voies de chemin de fer, ponts, enceintes – d’hôpitaux, de dépôts de marchandises, de prisons, de cimetières – réserves d’eau, Boulevard périphérique, talus, mur de soutènement, casernes, métro aérien… les alentours de toutes ces infrastructures, ces lieux qu’aucun riverain ne revendique, reçoivent chaque jour des dépôts aux volumes considérables. C’est aussi le cas de sorties de parking, notamment les parkings enterrés des grands ensembles nécessitant une rampe d’accès et générant des géométries complexes voire des césures souvent peu entretenues favorisant les dépôts sauvages.
06.  IMPASSE / RUELLE  108 / 8 %

Ruelles étroites, sentiers, passages, voies exiguës, ainsi que les diverses impasses – qui se terminent par un immeuble, murs aveugles, escaliers ou végétation – souvent peu fréquentés, favorisent les dépôts sauvages.
07.  ANGLE DE RUE  173 / 12 %

Un angle de rue fait parfois l’objet de trottoirs élargis, souvent délimités par des potelets, barrières ou marquages au sol posés pour la protection des piétons. Cette combinaison induit des espaces propices à l’abandon d’encombrants.
08.  COUVERT  44 / 3 %

Les dessous de ponts, les rez-de-chaussée d’immeubles surélevés, les porches d’immeubles de logements sont également des lieux cachés, favorables au dépôt d’objets encombrants. Comme si leurs propriétaires, pris d’un dernier remord, avaient tenté de les préserver des intempéries.

GESTES ET ACTIONS

Ce recensement de 1 412 points noirs est le fruit d’une collaboration avec les différents services de ramassage des encombrants. Éboueurs, élus, riverains, toutes les personnes rencontrées au cours de cette étude nous ont demandé de chercher des pistes d’évolution ou des idées d’amélioration.

La Ville a déjà mis en place un certain nombre de micro-actions et campagnes de communication, avec plus ou moins de succès : panneau « Défense de déposer des encombrants », grille, banc, pic, caméra, jardinière, trompe‑l'oeil… Les dispositifs sont aussi variés que les situations. Il semble dès lors opportun de réfléchir de façon globale à des solutions, des changements, des évolutions possibles de ces points noirs. Deux niveaux de réflexion peuvent être appliqués au phénomène des points noirs, résultant de leur double nature de contenu et contenant – la pratique du dépôt sauvage d'encombrants et les formes urbaines qui les reçoivent. « Traiter » les points noirs implique nécessairement de s'intéresser à cette dualité et il apparaît illusoire de penser qu'une simple modification morphologique de la ville pourrait suffire à enrayer la pratique. Ainsi, le travail de recensement des points noirs est un premier jalon, essentiel à ces possibles évolutions. Il s’agit dans un premier temps de bien « poser » le problème.

Montrer, concevoir avec les éboueurs, entretenir, compenser, sont les 4 actions immatérielles, premiers actes simples ne nécessitant parfois qu’une simple réorganisation, voire une nouvelle lecture de l’histoire urbaine parisienne. Dans un second temps, l’action matérielle de modification de l’existant par rajout ou soustraction, peut devenir nécessaire quand celle-ci est ciblée et propre au point noir tout en appartenant à une logique plus globale. Remplir, simplifier/soustraire, ouvrir/rendre passant, végétaliser, changer notre regard, sont les 5 gestes architecturaux qui peuvent répondre aux différentes problématiques posées par la question urbaine du point noir.

6, rue Louis-Nicolas-Clérambault — 75020 Paris © Rebekka Deubner

MONTRER

Parler des points noirs, les montrer, évoquer leurs conséquences, les problèmes qu’ils soulèvent, leur histoire, leur poésie est aussi une manière d’amener chacun à s’intéresser au phénomène et à adapter ses pratiques de la ville. Il y a plusieurs manières de décrire les points noirs puisqu’ils sont représentés aussi bien par le contenu que le contenant, autant par l'objet encombrant que par la forme urbaine qui l'accueille. Le travail de recensement des parcelles est aussi important que leur traitement. La résolution du problème réside principalement dans le fait même de révéler ces lieux, rendre visible ce qui est invisible. Nous cherchons en les touchant à rendre visibles les parties invisibles de la ville.

COMPENSER

Il est nécessaire d’avoir une vision globale des points noirs à l’échelle de la ville. Si l’on décide de supprimer un point noir sans réflexion sur la pratique des dépôts sauvages et sur le besoin qu’ont les gens de jeter leurs déchets, le problème ne sera repoussé que de quelques mètres. Compenser signifie accepter le point noir dans sa morphologie et dans son usage. Certains points noirs pourraient devenir des locaux à encombrants, voire des emplacements pour bennes mobiles, tandis que d'autres resteraient intouchés, car ces aspérités peuvent parfois faire partie de la beauté urbaine. Les points noirs de Paris sont révélateurs du besoin d'exutoires aux encombrants, facilement accessibles.
Qu'ils soient déclarés ou non sur l'application RAMEN (RAMassage ENcombrants), le dépôt d'objets encombrants sur la voie publique nécessite des espaces capables de les recevoir, même de manière temporaire, en attendant le passage des éboueurs. Pour répondre aux besoins des Parisiens, ces lieux doivent être nombreux et répartis selon un maillage resserré. À l'exception de quelques initiatives ponctuelles, tel que le trimobile – une remorque aménagée où les habitants viennent déposer leurs petits encombrants suivant un calendrier spécifique à chaque quartier, la Ville de Paris a fait le choix de concentrer son action sur le ramassage au porte-à-porte avec prise de rendez-vous préalable. Bien qu'efficace, cette solution soulève un certain nombre de questions. Elle est notamment très coûteuse, ne favorise pas la pratique du réemploi et implique nécessairement la présence, dans un laps de temps certes réduit, d'encombrants sur la voie publique, dans des lieux non prévus à cet effet. Créer un maillage d'exutoires, régulièrement répartis, nombreux, esthétiques, bien dimensionnés et accessibles pourrait être un préalable nécessaire à l'enrayement du phénomène des dépôts sauvages.

2, avenue du Recteur-Poincaré — 75016 Paris © Rebekka Deubner

CONCEVOIR AVEC LES ÉBOUEURS

Les chefs et ingénieurs des différentes divisions territoriales de propreté de la ville participent aux décisions prises lors de la construction de nouvelles opérations urbaines, notamment dans les nouvelles zones d’aménagement concerté (ZAC). Mélanie Jeannot, ingénieure de la Ville de Paris, nous explique que les chefs de division de propreté examinent les plans des projets avant que les permis de construire ne soient délivrés afin de vérifier le bon emplacement des locaux poubelles et nouveaux systèmes de bornes d’apport volontaire. Ils peuvent également émettre des commentaires concernant l’architecture et les espaces susceptibles d’engendrer, selon eux, des points noirs.
Donner la parole à la direction de la propreté et de l’eau (DPE) et aux ateliers territoriaux dans la conception urbaine est une démarche très récente, pas encore systématique et concerne essentiellement les projets architecturaux à grande échelle. La DPE est consultée sur l’organisation des espaces publics (types de sols, trottoirs, impasses, implantation du mobilier urbain…) et peut soumettre d’éventuelles remarques sur l'architecture du bâtiment susceptible de donner naissance à des points noirs – mais ces observations ne sont, en règle générale, pas prises en compte dans les dossiers de permis de construire. Cette place de la DPE dans le « tour de table » de la conception urbaine et architecturale pourrait devenir systématique et permettre d’anticiper un grand nombre de points noirs dans les futures opérations immobilières y compris dans les restructurations, ravalements, rénovations.

ENTRETENIR

Il est essentiel de souligner que Paris est entretenue de façon quotidienne notamment par plus de 5 000 éboueurs (sur 8 500 éboueurs au total qui se relaient). Cependant, le renouvellement de la souillure est parfois plus rapide que la fréquence d'entretien. Afin de renouveler la manière d'entretenir la ville, chaque division territoriale produit un plan de propreté qui contient les cartes des points noirs. « Le plan de propreté est un document politico-administratif. Il s’agit d’un document propre à chaque arrondissement, que les services territoriaux établissent en collaboration avec la mairie d'arrondissement au début de chaque mandature. Il contient d’une part une carte de l’arrondissement découpée en “cantons de balayage” pour lesquels sont spécifiés le nombre de passages hebdomadaires et les recours éventuels à des moyens mécaniques de lavage, et d’autre part une carte des points noirs de l'arrondissement et des modalités de prise en charge spécifique associée. Ces deux cartes sont construites à partir des avis des agents de la Ville, de ceux de la mairie d’arrondissement et éventuellement des conseillers de quartier. Deux informations principales participent à leur constitution : la première est le “taux de renouvellement de la souillure” – estimé par des approches plus ou moins quantifiées selon les équipes et les arrondissements. Il renvoie à la vitesse à laquelle apparaissent les souillures après le passage des agents identifiés pour chaque rue – plus le taux est élevé, plus les fréquences de passage seront importantes. La seconde information est la récurrence de certains lieux précis d’anomalies spécifiques (dépôt d’encombrants, urine, affichages sauvages, graffitis, etc.). Les responsables opérationnels planifient ensuite leurs ressources humaines et matérielles de manière à suivre les prescriptions du plan de propreté. »[1]

Passage Petit-Cerf — 75017 Paris © Rebekka Deubner

REMPLIR

Lorsque le point noir est un creux, le remplissage est une intervention envisageable. Dans une ville au foncier rare et cher, la pratique a émergé de façon spontanée et l’on rencontre dans Paris de nombreuses micro-constructions ayant pris place dans les creux et recoins. Il existe deux types d'occupation du domaine public : la première est la rémunération par un loyer à une copropriété ou à la Ville avec l'obtention d'une convention d'occupation temporaire du domaine public. La seconde, plus difficile à obtenir, se fait par rétrocession du domaine public. En effet, le domaine public étant inaliénable, il faut envisager la possibilité de le déclasser. Ainsi une copropriété peut acheter une partie du domaine public à la Ville. Constructions sauvages pérennisées, autorisations d’occupation temporaire (AOT) de l’espace public, déclassement du domaine public au profit d’un particulier, leur statut est varié et souvent difficile à définir précisément.

Les plans cadastraux révèlent une multitude de cas de figures. Parfois, comme au numéro 1 du passage Cottin dans le 18e arrondissement, la petite extension maçonnée et recouverte d’une tôle métallique voûtée est cadastrée à l'intérieur de la limite parcellaire, ce qui n’est pas le cas pour le petit café du 79, rue du Faubourg‑Saint‑Denis où le prolongement au rez-de-chaussée sur le mur pignon dépasse la limite parcellaire. D’autres fois, ces prolongements ne figurent pas sur les plans cadastraux et sont représentés comme partie intégrante du bâtiment implanté en retrait, sans différencier l’ajout ultérieur, comme c'est le cas du commerce ouvert au numéro 14, rue de Paradis. Il arrive même que ces architectures ne figurent nulle part, comme l’épicerie du 2, rue Saint‑Lambert qui comble l’angle rentrant formé avec la rue Lecourbe. Seule la parcelle et l’immeuble de 11 étages construit en 1971 apparaissent, mais pas le commerce implanté il y a plus de 15 ans.

5, rue Léon-Delagrange — 75015 Paris © Rebekka Deubner

SIMPLIFIER, SOUSTRAIRE

Soustraire peut aussi être un geste envisageable pour faire disparaître un point noir. Supprimer du bâti, des excroissances, retirer les obstacles de la voirie, rationaliser la disposition du mobilier urbain. Cela permettrait dans certains cas de clarifier, de simplifier des situations complexes devenues propices au dépôt.

OUVRIR, RENDRE PASSANT

Le point noir est souvent un endroit à l’abri des regards et peu passant. Percer un mur aveugle, créer une entrée dans un recoin ou ouvrir un passage piéton au fond d’une impasse, transformer des places de stationnement en piste cyclable, telles sont les actions qui pourraient mettre le point noir à la vue de tous, et dissuader ainsi d'y déposer des encombrants.
Rendre passant, c'est aussi donner l'impression que c'est habité, donc rassurer les gens et les engager à passer à proximité. Cela dissuade de jeter des encombrants devant la porte d'entrée d'un immeuble.

30, rue Brancion — 75015 Paris © Rebekka Deubner

VÉGÉTALISER

En bac ou dans un sol débitumé, la végétalisation est aujourd’hui le moyen privilégié par la Ville pour supprimer les points noirs. Avec le permis de végétaliser, chaque riverain peut planter et participer à l'entretien de l'espace public. Chaque citoyen majeur, peut aujourd’hui demander une autorisation pour jardiner dans la rue. À noter que selon la nature du projet, il peut être demandé d’être constitué obligatoirement en collectif : une association, un conseil de quartier ou un groupe d’au moins 5 riverains, établissement scolaire ou périscolaire, commerce, entreprise…

CHANGER NOTRE REGARD

Parfois, il faut laisser les encombrants nous révéler ces lieux, s'y attarder, comprendre l'histoire de leur apparition et ainsi les regarder autrement.


Milena Charbit
Milena Charbit est architecte, enseignante à l'École nationale supérieure d'architecture de Versailles (ENSAV) et doctorante en architecture au laboratoire LéaV, en partenariat avec la Casa de Velázquez à Madrid. Fondatrice du Studio Milena Charbit en 2021, elle développe une pratique qui articule recherche, projet et édition. Commissaire d'exposition et autrice de plusieurs ouvrages, elle est notamment l'autrice d'Architectures Lesbiennes (Shed Publishing, 2025). Depuis 2020, elle collabore avec l'agence 127af sur la recherche Points Noirs et les projets architecturaux, et éditoriaux qui en sont issus.

127af : Deborah Feldman et Baptiste Potier 
Fondée en 2020 par Deborah Feldman et Baptiste Potier, 127af est une agence d’architecture basée à Paris s’intéressant particulièrement à la question de l’habiter contemporain au sens large, en dialogue avec son lieu et son temps. Leur pratique trans-scalaire est le fruit d’un constant aller-retour entre recherches théoriques et investigations constructives qui interrogent autant la forme bâtie et la matérialité que la programmation et les capacités d’évolution des espaces et des architectures.

Deborah Feldman est architecte et doctorante en architecture au sein du laboratoire LAA LAVUE. Elle mène une ethnographie multi-située afin d’explorer les frontières mouvantes séparant les domaines de l'intime et du public à l’ère du numérique. Elle est également maîtresse de conférences à l'ENSA Paris-Est et autrice du livre L comme logeuse (Editions BOA, 2024) et de plusieurs articles publiés dans des revues de critique architecturale.

Baptiste Potier a une formation d’architecte et d’historien de l’architecture. Son intérêt pour l’artisanat et les techniques constructives l’ont amené à développer un langage où matières et assemblages sont mis à l’honneur.


Texte tiré de l'ouvrage Points Noirs, éditions du Pavillon de l'Arsenal, 2023
Étude réalisée dans le cadre du programme FAIRE
Réédition à paraître à l’automne 2026
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[1] Jean-Baptiste Chambon, Gouverner la ville signalée, enquête sur le système de signalement « DansMaRue » de la Ville de Paris, mémoire de M2, 2019-2020

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