Architecte DPLG de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-la Villette, en exercice dans le royaume du Maroc, et docteure en anthropologie sociale de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Autrice de plusieurs ouvrages, entre autres, Architectures du bien commun (MētisPresses, 2019) et Greniers collectifs de l’Atlas (Édisud/La Croisée des Chemins, 2006). Également lauréate de plusieurs prix comme le Global Award for Sustainable Architecture de Venise (2025), le Prix international des femmes architectes / Women International Architect ARVHA (2025) et la Grande Médaille d’or de l’Académie d’architecture française (2024), elle est aussi nommée chevalier des Arts et des Lettres de la République française (2017).
[1] Cet article a été publié dans le cadre de l’exposition « Stock. Architectures de survie et de transmission » organisée à La Poste Rodier, à Paris, du 16 avril au 28 juin 2026, sous le commissariat scientifique de Paul Landauer, voir www.pavillon-arsenal.com/fr/expositions/13305-stock.html
[2] L’archéologie n’a pas encore permis de comprendre la généalogie complète des greniers collectifs d’Afrique du Nord, dont l’inscription territoriale très ancienne est associée au développement de l’agriculture et de l’hydraulique. Au Maroc, les rares études archéologiques documentent principalement trois sites : la vallée de l’Ounila, les sites d’Amtoudi et d’Igiliz, voir notre synthèse dans Salima Naji, Greniers collectifs de l’Atlas. Patrimoines du Sud marocain, Aix-en-Provence, Éditions Édisud, 2006, p. 27-33.
[3] Cet article s’appuie sur des recherches de terrain effectuées entre 1999 et 2004 dans le cadre de notre doctorat en anthropologie sociale et ethnologie et, également, sur les campagnes de restauration des greniers collectifs opérées de 2002 à aujourd’hui. Voir Salima Naji, Les entrepôts de la baraka. Du grenier collectif à la Zawya, thèse, Paris, École des hautes études en sciences sociales, 2007 (jury présidé par Augustin Berque). Notre inventaire répertoriait alors une centaine de greniers encore en activité sur plusieurs centaines apparaissant ruinés et en voie de disparition.
[4] Voir Edmond Doutté, En tribu. Missions au Maroc, Paris, Librairie Paul Geuthner, 1914, p. 50-54 ; André Adam, « Agadir », dans Encyclopédie berbère, vol. 2,Aix-en-Provence, Édisud, 1985, p. 287.
[5] Voir « L’économe », dans Salima Naji, Greniers collectifs de l’Atlas, op. cit., p. 140.
[6] Le finage désigne le territoire rural exploité par une communauté villageoise, sur lequel elle exerce des droits agraires.
[7] Voir Bernard Rosenberger, « Population et crise au Maroc aux XVIe et XVIIe siècles. Famines et épidémies », Cahiers de la Méditerranée, hors-série no 2, 1977, p. 137-149.
[8] Aujourd’hui, de nombreux décideurs préfèrent encourager un tourisme considéré comme plus lucratif plutôt que de s’occuper de la restauration de ces sites.
[9] Djinn Jacques-Meunié, Greniers-citadelles au Maroc, 2 vol., Paris, Arts et métiers graphiques, 1951. C’est l’ethnosociologue Djinn Jacques-Meunié (1902-1985) qui a forgé le concept « d’archaïsme vital » pour les greniers de l’Atlas qu’elle a étudiés de 1948 à 1951.
[10] Voir « Sauvetage des greniers collectifs marocains, naissance d’une démarche participative autour des communs », dans Salima Naji, Architectures du bien commun. Pour une éthique de la préservation, Genève, MētisPresses, 2019, p. 75-130.
[11] C’est ce que nous avons observé dans le cadre d’une mission effectuée à Tidili Mesfioua (province d’Al Haouz), durant l’hiver suivant le séisme de septembre 2023.
[12] Voir « Le grenier, référence juridique et métrique de la communauté », dans Salima Naji, Greniers collectifs de l’Atlas, op. cit., 2006, p. 119-140.
[13] Influx bénéfique ; aura dont est chargé une chose ou un être ; grâce démultiplicatrice.
[14] Salima Naji et Alexis Sornin (dir.), Amazighes. Cycles, parures, motifs, cat. exp.,Marseille, Éditions du Mucem et Marrakech, Éditions Jardin Majorelle, 2025, p. 15-22.
[15] Voir Salima Naji, « Cycles », dans ibid., p. 112-121, et notamment « Le grain et la laine », p. 116.
[16] Voir la carte des territoires correspondant au testament mystique du saint de la Zawya d’Iminitatelt, ou aire d’influence du saint patron de la Zawya sur les montagnes et les franges sahariennes, dans Salima Naji, Fils de saints contre fils d’esclaves. Les pèlerinages de la Zawya d’Imi n’Tatelt (Anti-Atlas et Maroc présaharien), Angers, Centre Jacques-Berque (Rabat), 2011, carte no 1 [en ligne] https://books.openedition.org/cjb/149
[17] Voir Édouard Michaux-Bellaire, « Makhzen », Encyclopédie de l’islam, Leiden, Brill, 1936, p. 131-135 ; Ahmed Toufiq, Aspects d’histoire économique et sociale du Maroc au XIXe siècle, Inultan de 1850 à 1912 (en arabe), Rabat, Faculté des lettres, 1976, p. 35.
[18] Voir Larbi Mezzine, Le Tafilalt. Contribution à l’histoire du Maroc aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rabat, Faculté des lettres et sciences humaines, 1987, p. 246.
[19] Marianne Barrucand, Urbanisme princier en islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales, Paris, Librairie Paul Geuthner, 1985, p. 165.
[20] Robert Montagne, Un magasin collectif de l’Anti-Atlas. L’agadir des Ikounka, Paris, Larose, 1930, p. 20 et p. 64.
[21] Cette terminologie militaire renvoie à la conquête coloniale par l’armée désireuse de repousser sans cesse les frontières pour étendre par la force son emprise territoriale. L’avion a constitué l’un des moyens de pénétration dans les zones montagneuses.
[22] Voir Foucauld Charles de, Reconnaissance au Maroc 1883-1884 [1888], Plan-de-la-Tour, Éditions d’Aujourd’hui, 1985, p. 62.
[23] David Gœury, « Mobiliser les épiciers de quartier pour imposer le confinement aux populations urbaines précaires. Le cas d’une ville moyenne marocaine (Tiznit) », L’Espace géographique, t. 51, 2022-2, p. 159-175.
[24] Voir Farrokh Derakhshani, « Collective granaries, symbols of cohesive rural communities », Domus, no 1081, 2023, p. 62-67.
[25] David Gœury, « Maroc : de grandes divergences territoriales. À l’aune d’une décélération démographique », Population & Avenir, no 773, mai-juin 2025, p. 17-19.