L’article 544 du Code Civil stipule que « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements. » Ce droit de propriété est au coeur de notre système juridique et économique, et particulièrement dans le domaine des biens immobiliers tels que les sols (le foncier qu’il soit naturel, agricole ou bâti), les écosystèmes (les forêts, les marais, les dunes), ou les bâtiments (maisons, appartements, immeubles).
Quelle propriété à l’aune d’un contexte inédit à la fois d’un point de vue écologique et social ? Comment les limites planétaires matérielles (crise des ressources, de l’énergie, des déchets), l’urgence d’une préservation foncière (crise de la biodiversité) et les défis d’une plus grande justice sociale (crise du logement), devraient interroger ce qui nous appartient, et ce à quoi nous sommes attachés ?
Aucun projet d’architecture ne peut être dissocié du cadre de commande dans lequel il est conçu et donc par définition du type de propriété qui le sous tend. Qu’il s’agisse d’acteurs publics, d’opérateurs privés ou d’intérêt général, chaque rapport à la propriété est foncièrement distinct, parfois complémentaire ou en compétition.
Ce projet d’exposition souhaite raconter l’histoire de cette sacro-sainte propriété, partager les constats de son état actuel (à qui appartient quoi ?) et ouvrir sur des alternatives proches ou lointaines qui explorent d’autres façon d’être et d’avoir vers d’autres manières d’habiter.

