Nouveaux Climats

 Juin - Septembre 2026  Pavillon Vendôme, 2 Rue du Guichet, 92110 Clichy, France

Face au réchauffement climatique, la métropole parisienne doit repenser ses manières de créer du confort, d’habiter et de se protéger. Avec une augmentation de température estimée à +4 °C d’ici 2100, il est par ailleurs prévu une évolution saisonnière de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques. Les précipitations augmenteront en hiver, accompagnées de tempêtes plus violentes et plus fréquentes, tandis que les étés seront plus secs et caniculaires. Comment imaginer le climat comme une ressource ? C’est toute l’ambition des trois projets de l’exposition Nouveaux Climats.

Avec Faire l’eau brute, les architectes Camille Lot, Julie Maillard et Pauline Soulenq analysent les « eaux brutes » – eau de pluie, eau souterraine, lacs, rivières, etc. – afin de les révéler et de les envisager comme un outil d’adaptation au changement climatique, à l’échelle du territoire comme de l’architecture. Pour le projet intitulé La Mécanique du Froid, l’architecte Nicolas Dorval-Bory explore la relation entre l’architecture et la masse minérale pour diffuser la fraîcheur. Enfin, la recherche Construire l’ombre, menée par les architectes Jasmine Kenniche Le Nouëne et Gaël Le Nouëne, analyse et développe des dispositifs destinés à renforcer la présence de l’ombre dans la ville. À travers des images historiques, des cartes, des photographies et des prototypes à l’échelle 1, l’exposition Nouveaux Climats interroge le rôle de l’architecture face à un climat changeant et questionne les dispositifs climatiques de la ville de demain.


Faire l’eau brut


La métropole du Grand Paris fait face à une raréfaction de la ressource en eau, et une multiplication d’événements caniculaires et de pluies intenses, brèves et irrégulières, révélant l’inadaptabilité de Paris à être résiliente. L’eau brute
se trouve dans l’environnement, elle n’a pas été traitée et possède tous les minéraux, ions, particules, bactéries et parasites. Cette ressource peut devenir un véritable bien commun pour les habitant.e.s. Développer une recherche sur l’eau brute, c’est l’envisager comme un outil d’adaptation présent sous différentes formes dans la ville et son territoire. Elle est visible à plusieurs échelles : la Seine, la pluie, les rivières, canaux, toits, gouttières, gargouilles, rigoles, regards, bouches, corniches, réservoirs, bassins… La recherche Faire l’eau brut propose d’une part de révéler l’ingéniosité des systèmes déjà existants et d’autre part de permettre à l’utilisateur d’engager une interaction avec l’eau brute par des solutions architecturales et paysagères transcalaires et low-tech. Les eaux vertes, grises, brunes et bleues sont des potentiels sous-utilisés à valoriser, amplifier et partager. Cette mise en valeur permet entre autres d’augmenter la biodiversité et la fraîcheur urbaine, en économisant l’eau potable, et en imaginant de nouveaux usage.

Recherche menée par Camille Lot, Julie Maillard et Pauline Soulenq, architectes



La Mécanique du froid


Si Paris, depuis sa fondation, est une ville tempérée où le  principal défi de confort est le chauffage, le futur de la capitale s’inscrit pourtant dans un nouveau temps géologique et climatique. Avec un horizon dans quelques décennies aux étés caniculaires à parfois 50°C, Paris se rapproche de façon inéluctable du climat actuel de Séville. Mais la ville doit évoluer pour que ses habitants puissent continuer à y vivre sereinement, malgré une structure existante de son architecture nécessairement inadaptée. Identifiant dans un
premier temps les dispositifs climatiques parisiens au travers de son histoire, l’étude cherche dans un second temps à comprendre les principes physiques de la fraîcheur et les manières dont d’autres cultures ont intégré sa production, conservation et diffusion dans l’architecture. Enfin, à partir de projets et de cas d’étude parisiens, la recherche propose plusieurs stratégies architecturales et techniques pour envisager un avenir climatique confortable et frugal.

Recherche menée par Nicolas Dorval-Bory architectes


Construire l’ombre


Partant des constats scientifiques qui font état d’un réchauffement climatique de nos villes, il est fondamental en tant qu’architectes et habitants de la ville de Paris de mener une réflexion sur les dispositifs permettant de protéger de la chaleur et d’apporter de la fraîcheur en ville sans avoir recours à des artifices techniques et consommateurs d’énergie. Il s’agit de convoquer ce qu’il y a de plus élémentaire et de déterminer la place de l’ombre dans notre quotidien urbain. Tout comme la lumière naturelle, l’ombre est un droit
universel et elle participe au confort climatique. La lumière se propage par l’absence de matière, l’ombre existe par la présence de matière. Elle est le résultat de la confrontation de la lumière à un plan ou une masse. L’élément physique qui permet l’existence même de l’ombre peut être horizontal, vertical ou oblique, opaque ou ajouré, fin ou épais. Sa forme peut être géométrique ou aléatoire. Elle est nécessairement différenciée et à distance du sol afin qu’elle s’y projette. Elle est intimement liée à la présence des arbres. Néanmoins à Paris, les plantations du fait de la présence d’infrastructures ne permettent pas toujours une continuité de parcours à l’ombre. Comment introduire la nécessité d’ombre au sein d’un paysage urbain, paysager et architectural défini ? Quelles sont les typologies architecturales qui permettent l’ombre ? Quelles sont les caractéristiques essentielles des dispositifs à envisager ?

Recherche menée par Jasmine Kenniche Le Nouëne & Gaël Le Nouëne, architectes
Informations
Exposition présentée au Pavillon Vendôme à Clichy, 92110 Hauts-de-Seine
Recherches menées dans le cadre de FAIRE Paris
GEOLOCALISATION
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