Masterclasse #1 : Jardiner

Les actes fondamentaux III

Samedi 6 février à 11h en direct sur pavillon-arsenal.com Par Richard Scoffier, Architecte, Professeur & Philosophe

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Comme les années précédentes, nous allons revenir sur des actes triviaux qui nous paraissent naturels mais qui ne le sont pas, parce qu’ils sont produits par des dispositifs architecturaux qui, telles les mains d’un sculpteur, les modèlent et leur donnent forme. Jardiner, soigner, punir, jouir... Entrons d’abord dans le jardin. Il peut apparaître, plus que la ville qui échappe toujours à ses auteurs, comme le but ultime de toute architecture. C’est un environnement composé sur mesure autour de l’être humain. Une nature de synthèse qui permet à l’homme de se développer de manière optimale, contrairement à la vraie nature qui ne tolère qu’à peine ce parasite en son sein. Puis, abordons les équipements qui soulagent et qui soignent : les hospices, les hôpitaux, les sanatoriums, les maisons de retraite. Ces lieux expriment de manière paroxystique la mission de protection et de sauvegarde qui semble au cœur de la discipline architecturale, rappelant ces appareillages - perfusions, électrocardiogrammes, respirateurs - chargés de maintenir la vie humaine envers et contre tout. Pourtant l’architecture est aussi liée à l’idée de contrainte, de coercition, de tutorat... C’est la porte que nous franchissons dans le troisième volet de cette tétralogie, en entrant dans les prisons et les maisons de correction. Enfin, abordons la question de la jouissance et du plaisir. Des actes que les constructions semblent incapables d’assouvir autrement qu’en s’offrant à la destruction : démolition de la Bastille, incendie des Tuileries ou pillage des Champs-Élysées.

1er COURS - JARDINER 
Samedi 6 février 2021, 11h - 13h
Paradoxalement, c’est dans le jardin que l’architecte devrait trouver son plein accomplissement, dans un savoir-faire qui n’est pas le sien mais celui du jardinier ou du paysagiste. Le Paradis décrit dès les premières pages de l’Ancien Testament comme le lieu pour lequel l’homme a spécialement été créé, est un mot dont l’étymologie est persane. Il désigne des fragments de nature luxuriante ceints de murs et placés en plein déserts, où plantes et animaux se développent librement autour de bassins alimentés par des canaux souterrains collectant l’eau des montagnes alentour. Des espaces vivants que les empereurs perses s’enorgueillissaient de construire alors que d’autres s’épuisaient à élever des pyramides, des monuments aussi morbides que stériles. Reprenant cette tradition, Louis XIV a ainsi établi à Versailles plus qu’un palais : un immense parc - convoquant toute la technologie de pointe de son temps - pour capter les eaux nécessaires au jaillissement de ses multiples fontaines.
Ce qui nous permet de dégager une autre origine de l’architecture : ni grecque, ni égyptienne, mais perse ou babylonienne. Une origine plus en phase avec les aspirations des citadins d’aujourd’hui qui fuient les agoras et les colonnades de marbre pour se réfugier dans les jardins publics, les toitures plantées ou les rebords de fenêtre fleuris...

PROCHAINES DATES

2e COURS - SOIGNER 
Samedi 27 février 2021, 11h - 13h

3e COURS - PUNIR 
Samedi 20 mars 2021, 11h - 13h

4e COURS - JOUIR

Samedi 10 avril 2021, 11h - 13h

Par Richard Scoffier

Richard Scoffier est architecte et titulaire d'un diplôme d'études approfondies de philosophie. Après avoir obtenu en 1991 les Albums de la Jeune Architecture, il fonde une agence à Paris dont les maquettes d'étude ont été exposées dans plusieurs Maisons de l'Architecture.

Professeur titulaire de théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine à l'ENSA de Versailles, il exerce une activité de critique et collabore depuis plus de dix ans à la revue d'A. Il a notamment publié : Scènes d'Atelier, le catalogue de l'exposition de Christian de Portzamparc au Centre Pompidou, en 1996 ; Les villes de la puissance, aux Éditions Jean-Michel Place, en 2000 ; Les 4 concepts fondamentaux de l'architecture contemporaine, aux Éditions Norma, en 2011, et le tome III de la monographie de Christian Hauvette, aux Archives d'Architecture Moderne, en 2015. Ces articles et ces ouvrages lui ont valu de recevoir en 2013 la médaille de l'analyse architecturale décernée par l'Académie d'Architecture


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