22 juin 2020

Let's play !

Aude Fraïoli-Marçal



Être un enfant au 21ème siècle, être un parent en 2020, concilier le tout au sein d'une famille moderne, au cœur d’une capitale hyperactive et à l’attraction grandissante, tel est le défi auquel tout parent citadin est confronté.
Savoir prendre du temps pour soi, savoir donner du temps pour sa famille, voilà une équation complexe à résoudre chaque matin afin de nourrir ces liens qui nous unissent les uns aux autres.

Pour répondre à ces besoins structurels la ville change, mais tout doucement. Les familles citadines ressentent le besoin de se divertir, de s’amuser, et d’avoir accès à de nouveaux loisirs. La ville, notamment Paris, s’est transformée en ville de loisirs. Cette notion de loisirs et plus particulièrement de loisirs urbains, est tout à fait nouvelle. Fini l’époque où passer du temps en famille signifiait aller au cinéma, jouer au Monoply, regarder la télé ou lire un livre.

Autour de ces nouveaux loisirs (les sports indoor, les lieux de réalité virtuelle...), la notion importante et essentielle de leurs succès, n’est pas de réussir à sortir les gens de chez eux, mais plutôt d’avoir réussi à transformer le « temps en famille » en « expérience en famille ». 

Autre tendance, celle de l’« Edutainement » est très forte, de nombreux professionnels de l’Enfance poussent pour associer amusement et apprentissage, afin de permettre à la culture de s’intégrer dans tous les aspects de la vie des enfants. 

C’est notamment le cas de Sophie Marinopoulos (psychologue, psychanalyste, spécialisée dans les questions de l’enfance et de la famille) qui dans un rapport sur les enfants et les écrans remis le 4 juin au ministre de la Culture, parle de « malnutrition culturelle » comme d’un fléau sanitaire. En effet pour elle, il est essentiel d’établir « une réelle stratégie nationale pour la santé culturel » et veut « promouvoir et pérenniser l’éveil culturel et artistique de l’enfant de la naissance à 3 ans dans le lien à son parent » (Entretien - Télérama Juin 2019). 

Même constat pour Maria Ridelberg-Lemoine, directrice de l’Institut Suédois à Paris qui durant l’été 2018 à mis en place, en s’inspirant de la démarche pionnière de la Kulturhuset, un lieu polyvalent pour enfant de 0 à 10 ans. L’idée était pendant ces deux mois d’été à Paris de promouvoir la culture à hauteur d’entants. Ce lieu hybride entre bibliothèques créative et terrain de jeux pédagogiques, avec une architecture imaginée (des cabanes où s’installer, des structures à escalader…). L’enfant vient ici accompagné d’un adulte, l’objectif étant de passer un moment ensemble, tout en stimulant sa créativité dans un espace partagé (Entretien - Télérama Avril 2018).

L’idée et le défi d'aujourd'hui, n’est donc plus sur la durée passée ensemble mais plutôt sur l’émotion que l’expérience aura procuré. Car au final ce qui restera ne sera pas le souvenir d’un moment vécu, mais le souvenir d’une émotion ressentie. 
L’émotion, l’enchantement sont à présent les critères numéro 1 !

Et pour demain, on fait quoi ? On créé des lieux destinés aux familles, des lieux qui éveillent la curiosité, des lieux créateurs de lien.

Ce lieu n'existe pas encore mais je tente de le développement depuis 3 ans. J'ai envie de pouvoir proposer aux familles le premier club uniquement pour elles et à Paris :  Le BIG club !
C’est un lieu hybride destiné aux enfants comme aux parents, aux petits parisiens comme aux grands voyageurs. Un lieu où les familles peuvent échapper au stress de la ville et passer du temps ensemble ou pas, sans effort et sans culpabilité !
Le BIG club c’est comme à la maison mais un peu plus loin !

Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je sais ce que je ferai demain, continuer à promouvoir la place des familles et particulièrement la place des enfants dans la ville, car le future c’est eux et nous devons l’écrire ensemble.

Aude Fraïoli-Marçal, Juin 2020