17 juin 2020

Dans quel monde vivons-nous !

A26

Agence d'architecture

MAIS DANS QUEL MONDE VIVONS-NOUS !

Depuis le 16 Mars, c’est sans doute l’expression qui circule le plus, avec toutes nos interrogations sur la transition migratoire, climatique, énergétique. Comment se sortir de ce marasme, de nos combats, de nos injustices ? Des normes qui nous encadrent, des ultra-normes qui nous submergent, des pratiques souvent prises en étau sur le ‘comment faire’. On fait quoi ?

La question était déjà posée hier…

Le jour d’après …: le 17 Mars nous délaissons l’effervescence de nos agences et de nos projets pour  rentrer dans l’ambiance du « travail » à distance, avec une surprenante efficacité, une nouvelle organisation et de nouveaux modes de communication.

Des paysages redevenus éclatants, des convictions renforcées à l’échelle 1 du test-grandeur nature. Qu’avons-nous appris du télétravail, de la téléconsultation, du do-it-yourself, du consommer local, de la réindustrialisation, … des interrogations que nous avions déjà avant. Que faisons-nous de ces enseignements ? Que faire de ces petits pas en avant alors que nous devons modifier la trajectoire d’une société trop arrogante avançant à pleine vitesse ?

MAIS DANS QUEL MONDE VIVRONS-NOUS ?

Alors que nous allons devoir trouver les moyens d’être et d’agir ensemble, d’être visibles parmi les essentiels, d’être utiles parmi les non-essentiels, notre conviction est que la réponse doit être collective.

Au sein de A26, nous ne pouvions pas interroger le monde de demain en adoptant une réflexion individuelle.

Pour engager cette réflexion, Et Demain, On Fait Quoi ? Eh bien, conservons notre sens de l’observation et restons dans l’action : en interrogeant nos 150 architectes, nos ingénieurs, pour mettre en perspective ces semaines passées dans un silence imposé. Ressortons les post-it de nos éclaireurs déposés ici et là au gré de nos webconférences, et comme principe d’altérité, avant de penser aux impacts sur la société, interrogeons-nous sur les répercutions personnelles avant de penser au commun et au public.

Avant de changer le monde, chacun doit se demander : ai-je changé ?

Cette situation nous a fait réfléchir et quoi qu’il en soit, il s’en dégage une profonde envie de changement. Ce temps vécu était donc bien différent, un temps propice à réaliser des choses remises à plus tard. Quelle richesse en ces temps de privation !

Pour la plupart d’entre nous, nous n’avions jamais vécu autant de temps chez soi. Des enjeux de territoire au sein d’un habitat réinventé. 

Des nouveaux essentiels à prendre en compte ;

Demain, on fait quoi ? Les sociologues pourront réaliser un état des lieux de l’essentiel car nous avons pu gouter à des nouveaux ingrédients de la vie. Nos architectes nous disent de ce temps nouveau, que nous voulons le conserver sous une forme de réconciliation avec son temps à soi. Il s’agirait peut-être du bon temps que nous recherchons tant…

Des nouveaux enjeux à assumer :
Mieux que le train fou de l’absurde, encore mieux que des normes qui ruinent tous les espoirs, ne faisons pas plus mais mieux et décidons d’avoir une obligation à bâtir résilient et tactique, une nouvelle lecture des projets avec une nouvelle échelle du sensible.  

3,5 milliards d’années de vie sur terre et autant de R&D ne seraient assez d’enseignement pour avoir un juste équilibre de nos projets ?

Ce temps a aussi mis en évidence des inégalités sociales et territoriales avec un mal de vivre pour beaucoup. Soyons justes et créatifs face à ce projet de société qui se présente à nous. 


A26, Juin 2020