Paysages
Sébastien Marot
'Exile on Main Street', Un manifeste relatif du sub-urbanisme
Conférence du 19 novembre 2008
En 1978, alors que Colin Rowe et Oswald Mathias Ungers font respectivement paraître Collage City et "Berlin: The City as a Green Archipelago", Rem Koolhaas publie Delirious New York, a Retroactive Manifesto for Manhattan, chef d'oeuvre à la fois théorique et poétique que l'on peut considérer comme le manifeste du sur-urbanisme contemporain : le programme invente le site. Curieusement, ces trois manifestes urbanistiques, aimantés chacun par une métropole fétiche (Rome, Berlin, New York) trouvent tous leur point de distance dans la petite ville d'Ithaca NY, siège de l'université de Cornell, où leurs auteurs, qui s'y cotoyèrent en 1972-1973, nouèrent chacun leurs intrigues théoriques respectives. Plus curieusement encore, une ruse de l'histoire veut que cette petite ville frontière, située à l'embouchure d'un lac qui est comme la contre-épreuve géographique de la presqu'île de Manhattan, ait été fondée par l'auteur de la grille de New York (le géographe Simeon De Witt). En surexploitant ces coïncidences, et en nous livrant la laudatio urbis de cet hyperpaysage où les aventures poétiques de Robert Smithson, de Gordon Matta-Clark et de Vladimir Nabokov trouvèrent toutes leur passage nord-ouest, notre ambition est d'inverser la démonstration de Delirious New York et de produire un manifeste relatif du sub-urbanisme : le site invente le programme. En somme, comme dit Fitzcarraldo dans le film éponyme de Werner Herzog : "I am planing something geographical."Sebastien Marot, philosophe, maître-assistant à l'école d'architecture de Marne-la-Vallée et professeur invité à la chaire de paysage de l'école polytechnique fédérale de Zürich
CRÉDITS | INFORMATIONS
Production
Pavillon de l'Arsenal
Paysages
La notion de paysage, aujourd'hui largement utilisée dans les réflexions urbaines, traduit les nouveaux enjeux de fabrication de la ville : échelles, limites, appartenance et qualité environnementale.
Ces réflexions sur l'espace public, sur l'intégration des ouvrages d'art et la réappropriation des architectures existantes, au coeur des villes et à leurs frontières, font l'actualité à Paris et dans sa région comme dans de nombreuses métropoles.
Le Pavillon de l'Arsenal a donc souhaité que des paysagistes, des architectes, des urbanistes et des ingénieurs, puissent à l'occasion de ce nouveau cycle de conférences venir expliquer leur approche en présentant leurs travaux participant ainsi au nécessaire débat sur l'avenir les possibles "paysages" de la ville.
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