Université Populaire 2017

Transformateurs I Collecteurs I Incubateurs

Dernier cours "Philharmonies", Samedi 1 avril 2017 de 11h à 13h Par Richard Scoffier, architecte, philosophe, professeur des Écoles Nationales Supérieures d'Architecture.

Le Pavillon de l'Arsenal invite tous les publics à venir découvrir et comprendre les fondements de l'architecture au travers de cours de cette université populaire animée par Richard Scoffier, architecte, philosophe, professeur des Écoles Nationales Supérieures d’architecture.

L’architecture ne doit-elle pas être considérée comme l’art de construire des mécanismes orthopédiques, des machines permettant aux hommes de se perfectionner et de persévérer dans leur être propre ?

Après un premier cycle de cours sur les notions fondamentales de l’architecture d’aujourd’hui, un second sur les démarches emblématiques de notre contemporanéité, nous vous proposons pour les trois prochaines années une réflexion sur les édifices, que nous classerons en trois catégories : les transformateurs, les collecteurs et les incubateurs.
Qu’est-ce qu’un musée, une bibliothèque, un théâtre, une salle de concert ? Qu’est-ce qu’un stade, une église, un monument, un tribunal ? Qu’est-ce qu’un marché, une école, un lieu de travail, un logement ? Nous considérerons d’emblée ces constructions comme des mécanismes chargés de nous aider à accomplir les actes fondamentaux de toute vie en société. D’abord, les transformateurs qui nous apprennent à voir, à lire, à nous mettre en scène, à écouter et ainsi à persévérer dans notre destin de sujet. Ensuite, les collecteurs qui nous invitent à nous rassembler pour être ensemble, méditer, nous souvenir ou juger afin que nous puissions mieux nous comprendre nous-même. Enfin, les incubateurs qui nous accompagnent discrètement dans tous les moments de notre vie quotidienne – au marché comme à l’école, au travail comme à la maison - pour nous souffler le mot à dire, le geste à accomplir.


Samedi 28 janvier 2017 de 11h à 13h
MUSÉES

Les cabinets de curiosités sont peu à peu sortis du palais pour s’organiser comme des espaces pédagogiques autonomes permettant d’appréhender l’évolution des formes artistiques de chaque pays et de donner le sentiment d’appartenir à une culture nationale. Ils tendent aujourd’hui à sortir de ce cadre pour aider leurs visiteurs à constituer, comme autant d’André Malraux ressuscités, leur propre musée imaginaire. Ainsi la fameuse Galerie du temps du Louvre de Lens, réalisée par SANAA en 2012, les plonge-t-elle dans un espace océanique où ils oublient chronologie et frontières pour tisser aléatoirement des correspondances entre des oeuvres appartenant à des époques différentes, des territoires éloignés. Ailleurs, le Guggenheim de Bilbao et la Fondation Vuitton de Frank Gehry accueillent des pèlerins venus du monde entier afin de leur permettre de développer leur potentiel imaginatif. Ce sont aussi des temples présentant des oeuvres singulières et non-reproductibles capables de réenchanter un monde d’ersatz et de copies, désabusé et désacralisé.

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Samedi 18 février 2017 de 11h à 13h
BIBLIOTHÈQUES

Si les musées contemporains se proposent comme des containers immergeant leurs visiteurs dans un univers de formes pour suppléer à l’épanouissement de leur imaginaire, les bibliothèques peuvent être considérées comme de véritables mécanismes orthopédiques favorisant la réflexion. Louis-Etienne Boullée imaginait sa bibliothèque comme un amphithéâtre de livres d’où le monde pouvait être lu et comme une scène montrant des savants en train de débattre ou d’écrire. Tandis qu’à Exeter, Louis Kahn propose une vision dualiste où l’espace lumineux du savoir s’oppose à celui, sombre et silencieux, de la révélation. Des questions de lumière et d’ombre qui prennent moins d’importance avec Rem Koolhaas. Son projet pour Jussieu se donne comme un sol unique et continu, un parcours initiatique scandé de nombreuses séquences programmatiques : auditoriums, magasins, espaces de détente... Quant à son projet pour la TGB, il s’affirme comme un espace cérébral dont les salles de lecture s’étirent comme des neurones pour connecter les zones de conservation. Mais la bibliothèque est aussi un équipement à la recherche de son identité, renommée médiathèque puis Learning Center ou simplement troisième lieu, elle tend à s’affirmer comme un entre-deux neutre favorisant le développement des individus en les libérant simplement des obligations de l’université ou du bureau, comme de celles du logement.

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Samedi 11 mars 2017 de 11h à 13h
THÉÂTRES

Ni esthétique, ni pédagogique, la machinerie théâtrale est essentiellement politique. Dans le monde grec, les habitants d’une ville entière venaient cycliquement s’assoir en demi-cercle au creux d’une colline pour être confrontés à la condition tragique de leur existence avant de reprendre leur place dans la cité. Ailleurs, les dispositifs complexes construits au XVIIIe siècle à Paris, Nantes ou Lyon associeront étroitement théâtre et place publique de manière à ce que les spectateurs puissent, une fois la représentation terminée, jouer leur propre rôle sur une scène ouverte face à la ville. Une mise en abyme parfaitement analysée et réactivée par Christian de Portzamparc dans son projet malheureux pour l’Opéra de la Bastille. Où un cadre de scène babylonien, à l’échelle de la place et de la capitale, maintenait d’immenses portes coulissantes pour mettre en scène la foule à la fin des spectacles. Jørn Utzon dans la baie de Sydney,Snøhetta dans le fjord d’Oslo ou Rafael Moneo entre l’embouchure dufleuve et la plage de Saint-Sébastien sauront jouer sur des contrastes puissants mettant en scène leurs lieux de la parole et du chant dans des paysages totalement décalés.

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Samedi 1 avril 2017 de 11h à 13h
PHILHARMONIES

Les philharmonies s’apparentent à des laboratoires où se font des expériences sur un nouveau type de confort, le confort acoustique qui apparaît maintenant comme essentiel à la fois dans la conception des logements comme dans celle des villes. Ainsi, Jean Nouvel à la Philharmonie de Paris parvient-il à isoler sa salle des bruits du périphérique tout en lui conférant une atmosphère enveloppante associant intimement clarté et réverbération. Cette salle, comme celle de la Philharmonie de Hambourg d’Herzog et de Meuron, témoigne d’un nouveau rapport à la musique répondant aux exigences d’un public qui ne se rend plus aux concerts par devoir social mais par choix personnel. La configuration de ces espaces implique que désormais les auditeurs ne soient jamais très éloignés de l’orchestre, comme si ce dernier ne jouait que pour chacun d’eux. La philharmonie apparaît ainsi comme une salle d’entraînement permettant au sujet contemporain de développer ses capacités d’écoute et de différentiation des sons sans pour autant être soumis aux rituels sociaux qui s’attachaient jadis à ce type d’expérience.

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Richard Scoffier est architecte et titulaire d'un diplôme d'études approfondies de philosophie. Après avoir obtenu en 1991 les Albums de la Jeune Architecture, il fonde une agence à Paris dont les maquettes d'étude ont récemment été exposées dans plusieurs Maisons de l'Architecture. Professeur titulaire de théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine à l'ENSA de Versailles, il exerce une activité de critique et collabore depuis plus de dix ans à la revue d'A. Il a notamment publié : Scènes d'Atelier, le catalogue de l'exposition de Christian de Portzamparc au Centre Pompidou, en 1996 ; Les villes de la puissance, aux Éditions Jean-Michel Place, en 2000 ; Les 4 concepts fondamentaux de l'architecture contemporaine, aux Éditions Norma, en 2011, et le tome III de la monographie de Christian Hauvette, aux Archives d'Architecture Moderne, en 2015. Ces articles et ces ouvrages lui ont valu de recevoir en 2013 la médaille de l'analyse architecturale décernée par l'Académie d'Architecture.

Inscriptions

Inscription obligatoire en ligne (plateforme Weezevent) pour chaque cours,